Se familiariser avec la mort pour aimer la vie
- 8 janv.
- 5 min de lecture

Comprendre la fin pour renaître
Nous avons peur de la mort parce que nous l’associons uniquement à la fin ultime, au corps qui s’arrête, à la perte irréversible, mais en réalité, la mort est déjà partout dans nos vies.
Nous traversons des petites morts en permanence :
Mettre fin à une relation, une histoire, quitter un lieu, changer de travail, renoncer à une attente, accepter qu’une situation ne sera pas différente, se repositionner, dire non, lâcher un espoir, changer de regard...
Chaque fois que quelque chose se termine, une petite mort a lieu. Et pourtant, nous résistons, nous luttons contre ces fins. Nous les vivons comme des échecs, des pertes, des injustices, alors qu’elles sont, bien souvent, des passages nécessaires.
Je peux comprendre que ce n'est pas la pensée de tous, mais la mort n’est pas une punition.
Elle n’est pas le signe que nous avons échoué.
Elle est un mouvement naturel de la vie.
Rien ne peut évoluer sans que quelque chose meurt avant. Aucune transformation n’est possible sans une fin.
La chenille doit mourir à ce qu’elle était pour devenir papillon. L’enfant doit mourir à certaines illusions pour devenir adulte.
L’ancien soi doit s’effacer pour laisser place à une version plus juste.
Il y a des fins qui demandent du sens, et d’autres qui exigent seulement du respect, du silence et de l’amour.
On ne transforme pas la perte. On apprend, parfois, à vivre avec.

Il est important de faire une différence essentielle :
accepter n’est pas se résigner.
Accepter une situation, une limite, une réalité, c’est reconnaître à ce qui est, ici et maintenant, sans se battre contre le réel. Ce n’est pas dire “c’est foutu”. C’est dire “voilà où j’en suis”.
Cette acceptation est souvent la mort d’un espoir, d’une projection, d’une attente, mais c’est précisément cette mort-là qui rend possible un nouvel élan.
Tant que nous refusons la fin, nous restons figés.
Quand nous acceptons, quelque chose recommence à circuler.
Le deuil est un passage.
Chaque petite mort demande un deuil et tout deuil mérite d’être respecté.
Il y a un temps pour pleurer, un temps pour être triste, en colère, ressentir et un temps pour nommer et ensuite comprendre. Il ne peut pas y avoir d compréhension sans ressenti véritable.
Lorsque nous le traversons consciemment et pleinement, le deuil devient un enseignant.
Il nous apprend :
ce qui était important pour nous,
ce que nous ne voulons plus,
ce que nous sommes prêts à faire naître autrement.
Se familiariser avec la mort, ce n’est pas devenir sombre ou fataliste. C’est au contraire devenir plus vivant.
C’est comprendre que :
rien n’est figé,
tout évolue,
et que la vie sait où elle va, même quand nous ne comprenons pas.
Plus nous acceptons les petites morts, moins nous avons peur de perdre, et moins nous avons peur de perdre, plus nous osons vivre pleinement.
La peur de la mort est souvent la peur du changement, mais le changement est la respiration même de la vie.
Quand tu comprends que chaque fin est une petite mort nécessaire, tu reprends ton pouvoir.
Tu ne subis plus les transformations, tu les traverses.
Tu cesses de t’agripper à ce qui s’effondre, tu apprends à faire confiance à ce qui émerge.
Et peu à peu, une certitude s’installe :
ce qui se termine libère toujours de l’espace pour quelque chose de plus juste.

La mort de la dépendance affective :
Le deuil de l’attente, des illusions,
et enfin la reconnaissance intérieure
Il arrive un moment dans la vie où l’on comprend une chose essentielle :
certaines personnes ne pourront jamais nous offrir le regard que nous attendons.
Pas parce qu’elles ne nous aiment pas, mais parce qu’elles n’en ont pas la capacité.
Faire ce constat est une petite mort :
La mort de l’espoir. La mort de l’attente. La mort du "peut-être qu’un jour…".
Et tant que cette attente existe, le pouvoir reste à l’extérieur.
Cette attente est liée à la dépendance affective, cette illusion et cette attente que quelqu'un ou quelque chose à l'extérieur viendra vous rassurer, vous sauver, vous valider.
S’apporter soi-même ce qui n’a pas été donné
Le véritable passage commence quand nous comprenons ceci :
Personne ne viendra nous donner la reconnaissance que nous ne nous offrons pas encore pleinement.
Cela ne veut pas dire que nous ne la méritons pas. Cela veut dire que le travail change de direction.
Nous cessons d’attendre et nous commençons à nous regarder avec amour.
C’est un apprentissage. Ce n’est pas naturel et ce n’est pas immédiat, mais c’est libérateur.

Le regard de l’autre comme révélateur, non comme juge
J'ai appris que les paroles qui nous blessent sont souvent des révélateurs.
Elles montrent :
là où nous doutons encore,
là où nous ne sommes pas totalement en paix,
là où nous avons besoin de nous affirmer davantage.
J'ai compris que l’autre n’est pas l’ennemi et qu'il est un miroir.
Cela ne justifie pas les mots, ni les actes, mais cela nous rend souverains face à eux. Nous apprenons à observer en regardant en nous ce que cela réveille.
La posture juste : ni combat, ni effacement.
La maturité émotionnelle ne consiste ni à se battre, ni à se taire pour éviter le conflit.
Elle consiste à dire :
"Tu penses cela. Moi, je pense autrement. Et je n’ai pas besoin que tu sois d’accord. "
Sans justification. Sans tentative de convaincre. Sans entrer dans la répétition.
Tenir cette posture demande du courage et c’est ainsi que l’on cesse de donner son pouvoir. Cela prend du temps parfois, et selon les relations. Et ne vous juger pas si vous faites des rechutes.

Il me tenais à coeur d'écrire sur ce sujet. Je voudrais vous partager une dernière chose qui m'aide et me soutient dans ses phases de transition:
je m'autorise à ressentir mes émotions et je laisse le temps, je ne lutte pas, je ne résiste pas.
Quand je suis prête, et cela prend le temps que cela doit prendre, quand mon corps et mon coeur et mon esprit est prêt, je peux commencer à nommer mes ressentis, mes émotions.
j'identifie ensuite le moment, la parole, ce qui m'a amenée à ressentir cette intensité émotionnelle que je ressens. Je le note pour le relire plus tard quand j serais prête à comprendre.
Je reprend mes notes, je regarde et me remémore la scène pour comprendre ce que c 'est venu réveiller en moi, dans quel espace c'est venu bousculé, et commencer à comprendre que la personne n'est qu'un révélateur de quelque chose qui n'est pas clair en moi, quelque chose qui est dissonant.
Un fois que je commence à ressentir de la clarté, je trouve un espace pour mettre en matière ce qui a été ressenti, vécu , pour le transformer et en faire un outil pour ne pas que, si cela devrait se reproduire, me permettent d'agir autrement.




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